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LA SEMAINE INFERNALE

 

L'étau se resserre à l'est

Village de Vaux en janvier 1916(Frémont-lorraines)

A l'est du fort le terrain s'infléchit immédiatement sur le fond de la Horgne. Le village de Damloup est bâti au bord de laWöevre.

Le 2 juin les troupes allemandes prennent le village de Damloup. Le Colonel TAHON( commandant le 142e régiment) organise sans attendre la défense de la batterie de Damloup qui positionnée sur le plateau domine la plaine de la Woëvre. Des renfort sont demandés à la brigade, qui met à la disposition du secteur le bataillon PELLISSIER du 52e régiment.

Le 3 et le 4 juin les attaques ennemis sont violentes. Les bombardements intensifs détruisent les abris de combats, les tranchées sont bouleversées, il faut sans cesse creuser pour se mettre à l'abri. Les allemands ont attaqué de trois côtés: à l'est en montant du village de Damloup avec des uniformes français, à l'ouest part le ravin de la Horgne et au nord face à la tranchée de Saales.

Quelques notes personnelles du commandant PELLISIER:

Ce mauvais boyau de la Doler, seul artère conduisant à la" batterie de Damloup", est impraticable. Repéré, battu incessamment, il est obstrué de débris de toutes sortes: matériel abandonné, cadavres. L'odeur des lacrymogènes persiste; il faut à certain passage prendre le masque. La batterie de Damloup n'existe plus: c'est un monceau de terre et de pierre.  Aucun abri, sauf une sorte de caverne creusée sous la batterie. Un blessé ne pourrait y trouver refuge. C' est à l'extérieur, dans les trous d'obus vaguement reliés entre eux, qu'il faut vivre et qu'il faudra se battre.

Un blessé mérite une mention spéciale. Pris dans l'explosion d'un obus, il a reçu des éclats un peu partout et se trouve complètement aveuglé. Il reste avec deux camarades tout la nuit et la journée du 4 dans un trou  d'obus. De temps en temps il leur parle. A un moment donné, ne recevant pas de réponse, il les touche: ils sont morts. Patiemment il attend. Enfin un autre blessé passé près de lui; il l'appelle, et dans la nuit, ils se mettent en route. Il s'appuie des deux mains sur les épaules du premier qui le guide et parvient jusqu'au poste de secours. Son visage tuméfié n'est qu'une plaie: les paupières, les lèvres sont gonflées. On le soigne. Il vient de vivre des heures tragiques et il blague. On écarte de force les paupières tuméfiées: il perçoit la lumière; il est heureux; de ses angoisses, de ses souffrances, rien ne compte plus.

Plus heureuse que celle qui s'est déroulée au retranchement R1, la défense de la batterie de Damloup se prolongera jusqu'au 2 juillet.

Les troupes engagées se battent avec acharnement. L'ennemi tombe à moins de dix mètres de la batterie car les ordres sont clairs." Ne reculez sous aucun prétexte; ne cédez pas un pouce de terrain. Résister sur place avec la dernière énergie et  maintenir nos positions".

 Village de Vaux en avril 1917(Frémont-lorraines)

La défense du fort    Þ