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5ème journée d'enfer

 

LA SEMAINE INFERNALE

6 juin & 7 juin

Mais le fort vit encore...

 

L'attaque pour délivrer le fort a échoué. Les survivants de Vaux le sauront plus tard, mais le Général NIVELLE a ordonné le 7 juin une attaque d'envergure pour libérer nos compatriotes. Une préparation d'artillerie, puis l'assaut des hommes du 2e régiment de zouaves et du régiment colonial du Maroc n'ont pas suffit. Le résultat ne sera pas meilleur que les deux jours précédents.

Vers les six heures et demi du 6 juin, Le commandant RAYNAL envoi un dernier message sur Souville :

" Je n'ai plus d'eau malgré le rationnement des jours précédents. Il faut que je sois dégagé et qu'un ravitaillement en eau me parvienne immédiatement. Je crois toucher au bout de mes forces. Les troupes, - hommes et gradés - en toutes circonstances ont fait leur devoir jusqu'au bout ". Puis dans le même message, sont cités plusieurs officiers dont la bravoure a déjà été soulignée. Pour terminer, le commandant RAYNAL dit ces mots : " Pertes : 7 tués, dont le capitaine TABOUROT du 142e et lieutenant TOURNERY du 101e. 76 blessés dont 4 officiers et les médecins auxiliaires CONTE et GAILLARD. - Espère que vous interviendrez de nouveau énergiquement avant complet épuisement. "

A part quelques alertes au niveau des barrages, il y a eu très peu d'attaques allemandes ce jour là. Mais la soif à raison de tout, et l'agonie est de plus en plus insurmontable. Il n'y a plus de pansements, les blessés gémissent, des hommes vomissent car ils ont bu leurs urines...

A vingt heures trente le grand quartier général adresse ce télégramme pour qu'il soit transmis par signaux optiques au fort de Vaux :

"Le général commandant en chef adresse au commandant du fort de Vaux, au commandant de la garnison ainsi qu'à leurs troupes, l'expression de sa satisfaction pour leur magnifique défense contre les assauts répétés de l'ennemi.

                                                                            JOFFRE. "

Une demi-heure plus tard un second message vient compléter le premier :

" Le commandant RAYNAL est fait commandeur de la Légion d'honneur."

Peu après, avant de réunir ses officiers, le commandant RAYNAL fait un dernier tour des unités, s'arrête à chaque barrage, contemple ces hommes qui ont fait la résistance héroïque du fort.

Le fort va se rendre. Des conditions vont être demandé à l'ennemi : la garnison sortira avec les honneurs de la guerre, nos morts auront une sépulture, nos blessés seront évacués immédiatement, et jusque dans l'exil les officiers et soldats du fort de Vaux auront droit au respect de l'ennemi.

  Vers 6 heures du matin un officier allemand pénètre dans le fort et se rend chez le commandant. Les conditions de reddition sont acceptées et signées. Il faut maintenant évacuer le fort. Les valides portent les blessés, chacun se traîne vers l'extérieur, les allemands sont alignés de chaque cotés de la gaine centrale et rendent les honneurs. 87 blessés seront évacués vers l'arrière, le reste des troupes iront dans les camps de prisonniers.

Nos poilus, au moment de quitter leurs postes, résistaient encore dans les gaines. L'ennemi n'avait parcouru en 5 jours, que 65 mètres environ à l'intérieur du fort.

                       -Vers le coffre double à gauche au sommet du premier escalier aboutissant à l'observatoire.( L ) 

                        -Vers le coffre de droite, derrière la grille placé immédiatement avant les latrines.( K )

                        - vers le coffre de gorge, à hauteur de l'escalier descendant sous le fossé.( M )  

  

Le commandant RAYNAL doit se diriger vers le quartier général de von DEIMLING, quand on l'interpelle :

- Herr Mayor, est-ce à vous, ça?

C'est Quiqui ! Il est vivant ! Le commandant ne peut dire que oui en croisant le regard de son maître, qui a compris sinon ce qu'il adviendrait de lui.

Après le passage chez le commandant du XVe corps d'armée prussien, le KRONPRINZ reçoit le commandant RAYNAL. L'héritier du KAIZER en signe de bravoure, remet au commandant RAYNAL une épée d'officier français.

Le commandant RAYNAL a passé le reste de la guerre en captivité à Mayence jusqu'en décembre 1917, puis 3 mois à Strassburg sur la frontière Polonaise et enfin en Suisse dès mars 1918.Quiqui a suivi  jusqu'au bout, en partageant les mêmes souffrances que son maître.

 

BIBLIOGRAPHIE