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        La défense du fort

 

LA SEMAINE INFERNALE

3 juin

Dans les gaines

 

A l'intérieur du fort, le commandant RAYNAL divise les troupes en secteur.

Le coffre de Gorge et la gaine qui y conduit sont commandés par le lieutenant DENIZET; la casemate gauche de Bourges et les barrages du chemin couvert par le lieutenant BAZY; le barrage de la gaine conduisant au coffre double par le lieutenant GIRARD; les barrages de la grille et du balcon donnant sur le fossé de la gorge par le lieutenant FARGUES; les barrages du chemin couvert dans la gaine conduisant au coffre N.E et le barrage de l'observatoire par le lieutenant ALBAGNAC; la casemate droite de bourges et la gaine y conduisant par le sous-lieutenant RABATEL; et enfin le lieutenant ALIROL, commandant la compagnie de garnison garde un rôle de surveillance générale.

Dès l'aube du 3 juin les combats recommencent. L'ennemi attaquera par trois fois les barrages de l'observatoire et les barrages du chemin de ronde. Ils emploieront des grands moyens: grenades, charges explosives. Le barrage s'écroule, ses défenseurs sont ensevelis, les allemands progressent dans la gaine. Un tir de mitrailleuse réussit à les arrêter et à les chasser de la gaine.

C'est la fin du jour et le moment de la distribution. La ration d'eau baisse, elle est sale et puante. Trois quart de litre par homme sera distribué ce soir. Les sapeurs du génie vont s'activer à reconstruire un barrage en pierre contre la grille de la gaine de l'observatoire. D'autres barrages de sacs à terre et des postes de mitrailleuses seront installés dans ce secteur. 

La journée du 4 à été encore plus terrible. Les troupes ennemies vont utiliser lances flammes et fumées asphyxiantes. Dans tout le fort un cri retentit:"A vos masques". Les hommes refluent face au feu. L'obscurité est complète: les gaz ont éteint les lampes. Le lieutenant GIRARD se précipite dans la fumée, s'empare de la mitrailleuse que ses hommes ont été contraint d' abandonner et fait feu droit devant lui. Les poilus reviennent à lui et reprennent leur poste. Quand les gaz asphyxiants ont commencés à tomber dans le fond du fossé, il a fallu débarrasser les sacs à terre qui obstruaient les fenêtres de la grande casemate. Après trois quart d 'heure, l'air est redevenue respirable. Ces fenêtres seront maintenant défendues  par les mitrailleurs du sous-lieutenant DENIZET.

Phot.H. Roger-Viollet

Constamment, l'esprit des hommes cherche à déjouer les attaques en cours mais aussi à prévoir les formes que vont prendre les suivantes.

Sur le fort les mitrailleuses ennemis ont été détruites par notre artillerie. Les brancardiers vont en profité pour nettoyer l'infirmerie et la débarrasser des cadavres dans le fossé sud. Ce sera la dernière fois; jusqu'à la réédition, les morts demeureront avec les vivants.

Ce soir là il n' y aura qu'un quart de litre d'eau par homme. La même ration pour tout le monde, ceux qui se battent dans les flammes et les mourants qui agonisent.

 

Une lueur d'espoir