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Une lueur d'espoir

 

LA SEMAINE INFERNALE

5 juin

5ème journée d'enfer

Dans le fort, la bataille continue. Les allemands progressent lentement dans les gaines. La résistance est acharnée, les soldats luttent. Malgré le jour qui se lève, l'obscurité est profonde dans les gaines et dans la grande galerie. Des lampes sont allumées pour pouvoir circuler.

Une formidable explosion ouvre une brèche au barrage du chemin couvert à gauche près de la casemate de Bourges. L'ennemi en profite pour y jeter des liquides enflammés. Sous les ordres des lieutenants BAZY et GIRARD, les grenadiers et mitrailleurs reprennent le barrage détruit. Les troupes allemandes changent de décision : ils comblent la brèche ouverte vers l'extérieur. Sûrement dans l'espoir de laisser les français mourir de soif. A droite les choses ne vont pas mieux. La tension monte, deux barrages sont cédés à l'ennemi malgré la résistance des hommes du sous-lieutenant ALBAGNAC.

Au sud, un obus tombe sur l'ouverture contenant la lanterne optique; désormais il sera difficile de communiquer avec l'extérieur.

A la tombé du jour du 5 juin, les hommes sont épuisés. Ils n'ont presque pas touché aux vivres. Ils ont soif. Le commandant RAYNAL décide de distribuer les dernières gouttes d'eau sentant le cadavre qui reste dans la citerne. La situation devient critique. Il n'y a plus d'eau, plus de toilettes, les morts ne peuvent êtres enterrés et les odeurs qui persistent dans le fort serrent les gorges.

Il est maintenant indispensable d'évacuer le reste des hommes de la 7e et 8e compagnie du 142e, du 101e régiment et un groupe de brancardiers qui devaient partir la veille au soir. A la nuit venue, pendant qu' ils s'exécutent, le commandant RAYNAL réunit tous les officiers pour un rapport de situation. BAZY, GIRARD et ALBAGNAC sont blessés, FARGUES est fiévreux, quant à DE ROQUETTE, il est resté au poste de secours.

Les rapports des officiers sont alarmants, mais à cet instant un murmure commence à courir dans le fort :

État d'un boyau conduisant au fort (L'illustration)

 

L'aspirant BUFFET est de retour!  Il a pu franchir indemne le fossé de gorge, tandis que le sergent FRETTE était gravement blessé à la cuisse.  L'espoir renaît avec les nouvelles rapportées par le héros. Une attaque se prépare en vue de dégager le fort. Sur la face Ouest partira une compagnie du 328e. Pour la gorge au sud, s'engageront une autre compagnie du même régiment et une section du génie au ordre du commandant MATHIEU. Enfin, sur la face Est, deux compagnies du 321e au ordre du commandant FAVRE progresseront vers le fort. Mais Les troupes allemandes bien placées sur celui-ci vont empêcher les unités françaises de s'approcher trop près. Malgré les grenades et les balles de mitrailleuses, les deux compagnies du 321e ont pu atteindre le fossé de la contrescarpe. Sous le feu de l'ennemi, au prix de lourdes pertes dont plusieurs officiers, les soldats sont contraints de regagner les tranchées de départ. Événements identiques pour les hommes du commandant MATHIEU, même s'ils ont pu un instant encercler le fort par l'Ouest.

 Pourtant le dessus du fort était battu par l'artillerie française...

A l'intérieur, les hommes du commandant RAYNAL  attendaient activement leurs libérateurs. Ils n'ont vu que très peu de chose de l'attaque, mais c'est grâce aux sacrifices de leurs frères d'arme que le sentiment d'unité de la nation française est resté dans les cœurs de nos soldats.

Dans ce début de journée du 6 juin, le commandant RAYNAL constate l'abattement des troupes. Ils souffrent, ont soif, n'ont plus de force, c'est la fin...

 

Mais le fort vit encore...